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L’oppression au Moyen-Orient est pire que jamais – et Trump encourage plus que jamais

Washington Post : L’une des raisons probables pour lesquelles la CIA a conclu que Mohammed bin Salman était impliqué dans le meurtre du #Khashoggi est la ressemblance de l’opération avec de nombreuses autres opérations lancées par la cour du prince héritier au cours des 18 derniers mois !

Le président Trump et le prince héritier Mohammed bin Salman d’Arabie saoudite au sommet du Groupe des 20 à Buenos Aires, vendredi. (Marcos Brindicci/Reuters)

A l’heure où le Congrès considère sa réaction au meurtre de Jamal Khashoggi, parrainé par l’Etat, il est important de tenir compte du fait qu’il ne s’agissait pas d’un acte isolé. L’étranglement et le démembrement du journaliste par une équipe saoudienne de 15 personnes s’inscrivent dans le cadre d’une répression brutale du régime du roi Salman et de son fils le plus haut placé, le prince héritier Mohammed bin Salman, qui dépasse largement celle des dirigeants précédents. L’Arabie saoudite, quant à elle, fait partie d’un quartet de dictatures arabes sunnites, toutes alliées aux États-Unis, qui ont cherché à éliminer toutes les formes de dissidence, y compris les médias libres, les groupes indépendants de la société civile et quiconque prône des réformes libérales.

Les régimes, qui comprennent l’Égypte, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ainsi que l’Arabie saoudite, n’hésitent pas à employer les méthodes les plus extrêmes pour atteindre leurs objectifs, notamment les arrestations massives, la torture, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires. Ce faisant, ils répètent les erreurs des anciens dictateurs arabes et accumulent les problèmes pour l’avenir, sous la forme de citoyens aliénés et d’économies stagnantes. En offrant aux régimes un soutien sans réserve, l’administration Trump, à son tour, met en danger les intérêts vitaux des États-Unis.

L’une des raisons probables pour lesquelles la CIA a conclu que Mohammed bin Salman était impliqué dans le meurtre de Khashoggi est la ressemblance de l’opération avec de nombreuses autres opérations lancées par la cour du prince héritier au cours des 18 derniers mois. Comme l’a rapporté David Ignatius du Post, une équipe d’agents de renseignement saoudiens travaillant avec des conseillers proches du prince héritier ont enlevé un certain nombre de dissidents au pays et à l’étranger. Les détenus ont été détenus dans des prisons secrètes et torturés. Parmi les victimes figurent des militantes des droits des femmes qui ont défendu le droit de conduire et qui restent emprisonnées.

Mohammed bin Salman s’est inspiré du dirigeant des Émirats arabes unis Mohammed bin Zayed, et les deux dictateurs ont à leur tour parrainé l’Égyptien Abdel Fatah al-Sissi et la famille dirigeante al-Khalifa du Bahreïn. Les quatre pays se sont joints à un boycott irréfléchi du Qatar et soutiennent les mêmes factions dans les guerres civiles du Yémen et de la Libye, contribuant à perpétuer les conflits et, au Yémen, la pire crise humanitaire du monde.

Alors que l’attention s’est concentrée sur l’affaire Khashoggi, le régime Sissi a intensifié son attaque contre ce qui reste de la société civile au Caire. Depuis fin octobre, des dizaines de militants des droits humains et d’avocats ont été arrêtés, dont 19 le 1er novembre, selon des rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch. Nombre d’entre eux sont détenus au secret par les forces de sécurité. Entre-temps, les autorités exigent que tous les sites d’information s’enregistrent auprès du gouvernement ou ferment leurs portes.

Bahreïn a organisé la semaine dernière des élections bidon dont les partis d’opposition ont été exclus. Les militants des droits de l’homme les plus éminents du pays purgent des peines de prison, tout comme le principal chef de l’opposition, qui a été condamné à la prison à vie le 4 novembre.

Tout comme elle a soutenu les efforts de Mohammed bin Salman pour échapper à la responsabilité du meurtre de Khashoggi, la Maison-Blanche a tacitement soutenu la répression en Égypte et au Bahreïn, levant les restrictions sur l’aide militaire américaine et les ventes d’armes. La politique de l’administration suppose que les dictateurs peuvent maintenir indéfiniment le contrôle de leurs populations agitées en niant les libertés fondamentales et en agressant quiconque les défend. C’est une stratégie qui ignore l’histoire, ainsi que les valeurs fondamentales des États-Unis ; à moins d’être vérifiée par le Congrès, elle risque de causer plus de problèmes au Moyen-Orient.

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